impressions


Un enfant évolue dans le monde, celui qu'il ressent, celui qu'il garde au fond de sa conscience, l'absolu, l'univers, une étoile, une planète, des époques, des fées, des oiseaux, des montagnes, un fleuve qui coule inexorablement vers le mystère. Dans cette immensité, il y a une route, pas très large certes, celle de l'espèce humaine et sa civilisation. Sur ce chemin, la vie bouillonne, les êtres qui l'animent obéissent au désir d'exister, d'être acceptés de leurs semblables et plus encore d'en être aimés. Ca va vite, ça court, ça se bouscule et rares sont ceux qui prennent le temps d'apprécier les richesses du monde dans toutes ses dimensions. Ceux- là, on les appelle rêveurs, ils se sentent souvent seuls et incompris, et leur volonté d'exister les entraîne vers quelque aventure. Ceux-là, ils quitteront un jour le sentier, graviront la montagne de leur vie. Ils tomberont, certains se relèveront et continueront l'ascension jusqu'à leur fin. Le sommet était si proche dit-on, on raconte même qu'ils l'avaient atteint, et pourtant ils continuaient de monter... L'enfant a grandi, il regarde la route et écoute les gens. Noyé dans la fourmilière, il hésite. Il fait bien froid. Enfin, il regarde derrière lui, mélancolique, et sans plus attendre, laisse dans la neige les premières empreintes d'un long et douloureux voyage.



Rue Etienne Dolet - Malakoff - 13 septembre 2004


Courage petit homme, courage
De toute façon dans cette vie il n'y a rien à gagner
Peut-être simplement des moments à voler
Petit homme tu as froid et personne pour te consoler



Les Haas - Saint Jacut de la Mer - 9 août 2004


Ce soir, les accords de Bach pleuvent dans ma chambre et mon esprit se noie dans une délicieuse ivresse. Les vibrations s’effleurent, se mêlent, caressent mon corps et s’évaporent dans la nuit. La vérité est là, elle coule, elle chante, elle vole.



Vineuil - 7 septembre 2003

Je laisse couler l'eau de mes envies
dans la rivière sinueuse de la vie
Je laisse dormir mon désespoir
au fond d'un verre, dans l'ombre de ce bar

A la Truie qui File - Dinan - 14 août 2003



Un peu de poussière agglomérée
Pour quelques dizaines d’années
Désespéré de sentir filer
Cette impensable chance d’exister





Une nuit sans lune et sans bruit, baignée dans la brume d’hiver.
Dans le noir, les chemins se perdent et s’oublient.
La nature se retire de nos yeux, doucement, pour regagner le ciel.
Une nuit lourde de désespoir,
une nuit qui s’étend à l’infini,
une nuit qui coule en silence.




Ploubalay - 2 août 2004


Au-dessus des nuages

Paysage figé, glacé
Attendant le moindre faux pas
Pour m'engloutir sous tes draps
Des draps dressés comme des fantômes
Sous un ciel infiniment pur
Désespérément vide
De ce balcon face à toi
Je cherche un visage
De ta beauté glaciale
Tu ignores en silence



Saint-Sulpice - 29 octobre 2003

A ceux qui croient encore. A ceux qui voient et qui sentent, du haut de leur tour de béton, l’appel du cœur.

Regardez bien ces gens dans le bas, sur cette route, artère d’un monde qui nous échappe. Ils marchent sans se lasser, portés par une force étrange.

Moi qui suis malheureux du haut de ma tour, je veux apprendre comme eux à oublier de souffrir, à marcher sans comprendre en me laissant porter par le courant de ce fleuve pollué.




Le chant des songes

Cuisine Spectrale - Le Chant des Songes

Le jour s'endort sur la ville
La lumière doucement s'évapore
Des visages, des ombres qui défilent
Laissent place à un silence de mort

La nuit s'approche
La nuit se répand
Elle s'écoule le long des rues
Submerge les murs de béton

Glaciale, elle s'engouffre dans ma chambre
Mon âme est nue, elle le sait, elle vient la prendre

La nuit est belle, la nuit est immense
Promesses de voyages, de sirènes, de danses

La nuit m'appelle, elle est immense